Zoonoses : quand la prochaine pandémie va-t-elle survenir ?

Notre santé dépend d’abord de notre environnement. La convention tenue par les Écologistes le 30 mai, le colloque organisé par l’Inserm auquel je suis intervenue, et l’actualité nous le rappellent avec force.

Zoonoses : derrière ce mot barbare qui s’est imposé dans le débat public se cache un risque majeur pour nos sociétés ; la transmission de maladies des animaux vers les humains et donc, de nouvelles crises sanitaires.

Comme celle du Covid-19 qui (même si des doutes subsistent sur l’origine du virus) semble avoir été une zoonose… comme le mpox (ex-variole du singe) qui a montré la persistance des risques émergents, et plus récemment encore, comme les cas d’hantavirus qui rappellent que la propagation des zoonoses n’est ni rare, ni lointaine. Elles sont déjà là, et elles se multiplient.

Ces maladies ne sont pas des fatalités. Elles sont, pour une large part, le produit de nos choix collectifs : artificialisation des sols, déforestation, dérèglement climatique, pressions sur la biodiversité. En fragilisant les équilibres naturels, nous créons les conditions de leur émergence.

Mais soyons aussi lucides et faisons nôtres les mots de l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove de l’OMS : «  La question n’est pas de savoir SI une prochaine pandémie peut survenir, mais plutôt QUAND va-t-elle survenir ».

Face à ces risques, les Écologistes portent depuis longtemps une approche globale : “One Health”, une seule santé, qui reconnaît l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. Cette vision prend aujourd’hui corps dans les politiques publiques locales, comme à Lyon, qui a récemment accueilli un sommet international dédié à ces enjeux, montrant que les collectivités peuvent être à l’avant-garde.

Car il faut le dire clairement : défendre la santé, c’est défendre le climat… et inversement, comme le rappelle Kevin Jean. 

Les zoonoses font nécessairement partie de nos lendemains. Mais les effets qu’elles auront dépendent de nous. Quelles réponses choisirons-nous ? Le repli sur soi individualiste et solitaire ? Ou une action collective, anticipée et éclairée par les sciences ?

Nous ne sommes pas condamnés à subir des crises sanitaires à répétition. Mais nous ne pouvons plus prétendre les découvrir à chaque fois.

Nous savons aujourd’hui pourquoi ces maladies émergent, comment elles se diffusent, et surtout comment les prévenir. Alors, agissons !

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