Le 9 décembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de budget 2026 de la sécurité sociale, dans une version largement remaniée par rapport aux travaux du Sénat… et heureusement ! Au bout de sept jours et 70 heures de débats, le Sénat avait adopté un texte qui reflétait fidèlement les combats de la droite : faire payer les malades, revenir sur tous les conquis sociaux, surtout épargner les riches. Alors que nos hôpitaux suffoquent, les débats au Sénat se sont perdus en considérations futiles au mieux, en attaques anti-sociales au pire.
La majorité sénatoriale a balancé entre augmentation du temps de travail et défense des vaches allaitantes (oui, dans le budget de la Sécu !). Entre gel des prestations sociales et longs débats sur les cures thermales. Entre refus de toute augmentation de la fiscalité sur le capital et défense des alcooliers car « ce n’est pas par le vin que l’alcoolisme s’aggrave, au contraire »… Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre…
Au terme de nos débats, la droite a achevé la réputation de sérieux du Sénat. Elle a refusé le décalage de la réforme des retraites, cette maigre mesure qui ouvrait le chemin à un compromis budgétaire. Puis, au moment de discuter du budget de l’hôpital, elle a remis sur la table les cures thermales, pourtant déjà débattues. Comme s’il n’y avait pas d’autre urgence dans le pays !
A gauche et chez les écologistes, nous avons au contraire fait preuve de responsabilité et d’ouverture au dialogue. Face au déficit de la sécurité sociale, nous avons défendu ensemble 20 milliards d’euros de nouvelles recettes socialement justes. Et nous nous sommes opposé·es au doublement des franchises, au gel des prestations, et à un budget de la santé manifestement insincère.
Dans cette lettre, je reviens sur ces combats qui continuent… car le projet adopté par l’Assemblée nationale, expurgé du pire, reste encore incapable de sauver la sécurité sociale de manière pérenne. Mais il constitue un premier barrage, pour assurer l’année qui vient, le fonctionnement des hôpitaux et le décalage de la réforme des retraites.

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