A l’heure des économies budgétaires, j’ai rappelé au Sénat un chiffre : 1,72 milliard d’euros. C’est le coût annuel de la répression de l’usage de drogues pour les finances publiques. Une dépense manifestement inefficace : la consommation de drogues illicites augmente dans notre pays. La moitié des Français·es a déjà consommé du cannabis, un dixième de la cocaïne.
Alors que le Sénat souhaite “sortir la France du piège du narcotrafic”, j’ai interpellé le ministre Retailleau pour lui faire part de cette gabegie : 81% des infractions liées aux stupéfiants concernent uniquement l’usage simple de drogues. Autrement dit, l’action de la police et de la justice s’engorge sur les simples consommateurs, au détriment de la lutte contre les trafiquants.
Et ce constat n’est pas nouveau : en 1970, même la droite affirmait que “dans aucun pays, la répression n’a réglé le problème des toxicomanies”, appelant à une politique des drogues qui tienne sur deux jambes ; la lutte contre les trafics d’une part, la question sanitaire et sociale d’autre part.
Cinquante ans plus tard, force est de constater que M. Retailleau refuse cette alliance… et n’a même pas identifié clairement le pilier sanitaire de la politique étatique des drogues.
A rebours de cette “guerre” perdue contre les personnes dépendantes, j’ai donc défendu l’alliance des forces interministérielles police/justice/santé dans une politique sanitaire des drogues, sans répression, pour mieux soigner les personnes dépendantes et pour apaiser l’espace public, donc nos quartiers. Ce combat ne fait que commencer.
Le rapport du député insoumis Antoine Léaument et macroniste Ludovic Mendes sur la lutte contre les trafics de stupéfiants préconise la légalisation du cannabis, et la dépénalisation des autres drogues. J’ai déposé une loi au Sénat pour la dépénalisation de l’usage de drogues il y a quelques semaines, sur le modèle portugais, modèle qui a fait ses preuves, en termes de santé et de sécurité publique. Mettons là à l’ordre du jour et ayons un véritable débat sur ce que pourrait être une politique des drogues efficace.

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