François Bayrou Premier ministre : tout ça pour ça ?

Bientôt Noël, et pas de budget. Bientôt Noël et le drame à Mayotte d’une intensité inédite, faute de promesses tenues, faute d’infrastructures notamment sanitaires – quid de cet hôpital promis par M. Macron à sa venue il y a quelques années, qui n’a pas commencé d’être construit ? – faute de secours à la hauteur de l’enjeu, aussi.

Et François Bayrou, venant poussivement d’être nommé Premier ministre il y a quelques jours, est dores et déjà si loin de la réalité de ses concitoyen.nes, ici, plus que jamais mahorais·es. Si loin qu’il vient à Mayotte seulement après le conseil municipal de Pau, si loin que déjà ce nouveau ministre semble dépassé.  

M. Bayrou, vieux routier de la politique, incarne tout ce que les Français·es ont rejeté : la continuité d’une politique sans écoute, le calcul politicien, et surtout une politique inégalitaire et sans perspectives, entamée depuis maintenant 7 ans. Et depuis plusieurs jours, le signal est plus que désolant.

Bien sûr que François Bayrou n’est qu’un fusible. Se reposant de facto sur la même majorité, toujours au bon vouloir du Rassemblement national, continuant la même politique, la censure est de fait décidée par le Président de la République. La question n’est pas de savoir pourquoi, mais quand.

Écologistes, nous avons été de tous les rendez-vous pour dialoguer tant avec le Président de la République qu’avec son probablement éphémère Premier ministre. Parce que nous ne voulons pas laisser la France sans fonctionnaires, parce que notre objectif d’écologistes est toujours celui de protéger nos contemporain.es et notre avenir, nous avons été là. Mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre, et nos propositions, comme celles du budget, aussi raisonnables que constructives ont été rangées aux oubliettes et aujourd’hui le risque est grand pour nous tous·tes à très court terme. Une sécurité sociale en grand déficit, sans qu’aucune suppression d’exonération de cotisations ne soient plus d’actualité, c’est mettre toute notre protection sociale en danger. Au Sénat, nous avions amélioré le texte, malgré la majorité de droite pour aller dans le sens de plus d’équité sociale, mais tout a été détruit par une commission paritaire où les macronistes ont refusé toute contribution des entreprises même dotées de superprofit. Ce qui a conduit à une censure inévitable. Dont acte. Maintenant nous allons devoir retravailler mais le pourra-t-on avec ce futur gouvernement sans majorité et sans envergure, qui se prépare? 

Le Nouveau Front Populaire incarnait, dès juillet, enfin une alternative crédible. Et nous continuerons de la faire vivre dans chacune de nos assemblées. Nous avons voté la loi spéciale pour que les fonctionnaires continuent d’être payés et que nos écoles comme nos hôpitaux ne soient pas à l’arrêt. 

Emmanuel Macron aurait pu ouvrir une nouvelle ère. Il a choisi de piétiner l’espoir. Haut les cœur, et, malgré tout, de bonnes fêtes à tous et toutes, en faisant le vœu que nos combats soient bientôt victorieux.

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