Budget de la sécurité sociale austère : pour des mesures sociales et écologistes ! 

Cheffe de file pour le groupe écologiste sur le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, j’ai été témoin des manœuvres antisociales et antidémocratiques du gouvernement qui l’a amené jusqu’à sa censure.

L’an dernier déjà, le groupe écologiste alertait sur les dangers d’un pilotage irresponsable de la sécurité sociale. En 2024, nous assistons à une navigation à l’aveugle. Un an et quatre ministres de la santé plus tard, le constat est amer : le budget est insincère, les déficits s’accumulent, et les droits sociaux sont attaqués. 

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 entérine un déficit de 18 milliards d’euros pour 2024, utilisé pour justifier des mesures d’économies anti-sociales. Parmi elles : un flicage accru des prestations, une baisse du remboursement des consultations médicales, ou encore une revalorisation insuffisante des retraites. À cela s’ajoute un budget hospitalier insuffisant, maquillé sous une hausse apparente.

“Déficit, déficit et encore déficit” crie la droite alors qu’elle rejette dans le même temps toutes les mesures proposées par les écologistes et la gauche pour faire entrer plus de recettes. 

Parmis nos propositions, nous souhaitons rétablir l’équilibre financier par la justice sociale et écologiste en faisant contribuer les revenus du capital : mise en place d’une surtaxation sur les retraites chapeau et les superprofits, contribution exceptionnelle sur les successions et donations importantes pour financer l’autonomie, ou encore contribution spécifique des grandes entreprises et hauts revenus. Nous proposons également de mettre fin aux exemptions de cotisations sociales non compensées par l’Etat : cela suffirait à éliminer le déficit de la Sécurité sociale. 

Et parce que nous devons aller chercher les recettes de ceux qui empoisonnent notre santé, nous devons de toute urgence mettre en place un principe d’« empoisonneur-payeur » via une fiscalité écologique ambitieuse : taxation des sociétés pétrolières, des pesticides, et incitation renforcée de présence du Nutriscore.

Afin de réduire et prévenir les dangers des drogues, la fiscalité comportementale doit être au cœur de nos politiques de santé publique. Cela inclut une trajectoire fiscale sur le tabac, une réforme de la taxation des alcools, un prix minimum par unité d’alcool et une régulation plus stricte des jeux d’argent et de hasard, ainsi qu’une taxe sur la publicité de ces derniers. 

Les personnes âgées sont les grandes oubliées de ce PLFSS : pour l’autonomie, les vieux méritent mieux ! La population vieillit, le constat est pourtant clair : la transition démographique n’est pas financée. Alors que 85 % des EHPAD ont enregistré un résultat déficitaire pour l’exercice 2023, les services domiciliaires (SAAD et SAD) sont dans une situation financière dramatique encore plus ancienne. De nombreux services à domicile disparaissent à l’heure où les grands discours sur la nécessité du virage domiciliaire fleurissent… Ainsi, nous devons financer véritablement la revalorisation “Ségur pour tous” de 183€ par mois, dans l’ensemble du secteur, ou encore mettre en place une grande loi Autonomie, promise depuis des années.

Et parce que la vieillesse est un sujet qui nous concerne toutes et tous, nous disons non au rabot sur les retraites ! Nous proposons de revaloriser les pensions en janvier sur l’inflation des 12 derniers mois, comme prévu avant la présentation de ce PLFSS antisocial, de mettre fin aux niches sociales qui représentent un gain de 19 milliards pour la Sécurité sociale, bien plus que les 3,8 milliards du projet antisocial du gouvernement ou encore de mettre fin aux exonérations sur les heures supplémentaires. Et plus que tout, il faut abroger cette réforme des retraites antidémocratique.

Et parce que je crois profondément au principe de « démocratie sanitaire », une réelle transparence du médicament permettrait de lutter contre les pénuries. Entérinons cette transparence en inscrivant  dans le code de la santé publique l’obligation de rendre publics les financements publics, directs ou indirects, accordés à l’industrie pharmaceutique, ainsi que les exonérations fiscales dont elle bénéficie.

De plus, le PLFSS 2025 ne comprend aucune mesure nouvelle pour la branche Famille. Il n’y a rien concernant les crèches, malgré les scandales récents, à travers notamment les révélations accablantes contenues dans le livre Les Ogres de Victor Castanet. Nous proposons une loi sur l’enfance, la crèche ou tout autre mode d’accueil doit d’abord être pensé du point de vue du développement de l’enfant, de son autonomie et émancipation et non comme principalement un mode de garde pour permettre aux parents de travailler. Le congé parental, plutôt que d’être forfaitaire, devrait garantir un meilleur taux de remplacement de la rémunération. Il s’agit aussi d’envisager à terme une nouvelle prolongation du congé paternité qui rencontre une réelle adhésion. Les familles les plus précaires devraient être soutenues par un soutien financier accru.

Malgré les graves atteintes à la démocratie, notamment par l’adoption du 49 alinéa 3 sur le budget de la sécurité sociale 2025 qui a mené à la censure, je continuerai à défendre, aux côtés du groupe écologiste du sénat et de ses alliés du Nouveau Front Populaire, la sécurité sociale, patrimoine commun de celles et ceux qui n’en ont pas. Ensemble, réinventons un modèle social et écologique pour affronter les défis de demain.

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