Le dimanche 4 février, je me rendais à Rafah au poste-frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza avec une délégation de parlementaires français. A Rafah, comme au Caire, nous avons réaffirmé notre volonté de voir un cessez-le-feu immédiat tout en témoignant d’un drame humanitaire sans précédent. Pour poursuivre la mobilisation, nous organisons ce jeudi 7 mars au Sénat avec le groupe d’amitié France-Palestine une audition de médecins humanitaires de retour de la bande de Gaza avec Palmed en présence de nombreuses autres organisations présentes. Je m’associe enfin à l’appel pour la manifestation de samedi 9 mars “Gaza Stop génocide” à laquelle j’espère que nous serons plus nombreux et nombreuses que jamais.
Le médecin humanitaire Raphaël Pitti rencontré à Rafah, qui sera présent jeudi, nous l’a dit : des crises humanitaires qu’il a vécues, celle en cours dans la bande de Gaza est du “jamais vu” en termes d’impossibilité de soins, de dégradations des conditions de vie, d’impuissance pour les professionnels humanitaires et soignants.
J’ai pu constater de mes propres yeux l’état de siège incontestable du sud de la bande de Gaza par les forces militaires israéliennes, sur décision du gouvernement de M. Netanyahou. Bouteilles d’oxygène, bronchodilatateurs pour l’asthme, insuline, jouets, groupes électrogène pour les hôpitaux, poulets… des dizaines de kilomètres de camions comprenant denrées alimentaires, dispositifs médicaux et médicaments restent bloqués à la frontière par les forces d’occupation israéliennes.
Alors oui, mille fois oui, le 7 octobre a été le jour d’un acte terroriste odieux et définitivement condamnable, et oui, également, la libération des otages de la part du Hamas est une urgence incontournable. Mais rien ne peut justifier cet état de siège concentrant une population de 1,5 million de personnes dans une ville de 150 000 habitants, sans leur permettre de se nourrir ni de se soigner, sans leur permettre non plus de sortir, au milieu de bombardements. Rien. Sans compter, des deux côtés, les femmes objets une fois de plus de viols et de violence. Rien.
En tant qu’écologiste et humaniste, je suis animée par un désir de paix dans lequel l’Europe doit s’engager pleinement et urgemment. Ne l’oublions pas : la question israélo-palestinienne fait partie intégrante de notre histoire européenne. En plus de la seconde guerre mondiale et de l’Holocauste qui ont conduit à la création de l’Etat d’Israël dans les frontières de 1948, l’histoire de la Palestine est intrinsèquement liée à l’histoire de la colonisation européenne. Nous, Européen·nes, avons une responsabilité historique à assumer pour faire cesser le drame humanitaire en cours.
L’Europe doit s’imposer comme force de dialogue entre les autorités étatiques pour construire la paix. Et la France en son sein : comme nous l’avons porté en tant que parlementaires écologistes, nous appelons le Gouvernement français à saisir la Cour pénale internationale de manière à ce qu’elle puisse enquêter à Gaza.
Je rappelle en effet que la France a une obligation juridique selon la Convention de 1948 à faire respecter le droit international, notamment en prenant des sanctions pour faire cesser immédiatement le risque génocidaire en cours à Gaza – reconnu par la Cour internationale de justice. A ce sujet, ma collègue Raymonde Poncet Monge, sénatrice du Rhône, déposait le 5 janvier 2024 pour le groupe écologiste une proposition de résolution invitant la France à saisir la Cour pénale internationale concernant la situation à Gaza.
En tant que sénatrice écologiste, je demande enfin et de toute urgence l’entrée des denrées alimentaires, des médicaments essentiels et des fournitures médicales à Gaza, autrement que par voie aérienne, et donc qu’Israël laisse passer ces convois humanitaires sans plus tarder : c’est une question imminente de vie ou de mort de centaines de milliers de personnes, dont la plupart sont des femmes et des enfants.
Mais surtout, et pour éviter que le risque de génocide dénoncé depuis maintenant plus d’un mois par la CIJ ne devienne une réalité, je m’associe à toutes les associations qui rappellent la nécessité et l’urgence d’un cessez-le-feu immédiat et durable.

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